Derrière la « CAN du siècle », l'extermination des chiens errants
Le Maroc est accusé d'éliminer, chaque année, des centaines de milliers de chiens errants, parmi les plusieurs millions qui rôdent sur le territoire. Une extermination qui se serait intensifiée en vue de la Coupe d'Afrique des nations, actuellement accueillie dans le pays, mais surtout du Mondial, que le pays coorganisera en 2030. Reportage sur place, entre tabou et signal d’alarme.
« Ils ont commencé par les chiens, puis les chats et les pigeons. » Cachée derrière le comptoir de cette animalerie de Casablanca dans laquelle borders collies et bichons frisés gambadent joyeusement, Ikram perd le sourire lorsqu’est dévoilée, après quelques minutes de conversation, la raison de notre venue : le sort réservé aux nombreux chiens errants de son pays, le Maroc, et ce qu’elle n’hésite pas à qualifier de « tueries » organisées. Le mot est presque faible. Les autorités locales sont accusées (par la Coalition animale internationale, et d’autres) d’éliminer chaque année 300 000 chiens afin de « nettoyer les rues » et rendre les villes plus « présentables », notamment aux yeux des supporters de football venus de l’étranger : il y a ceux du continent, qui ont afflué en décembre et janvier à l’occasion de la Coupe d’Afrique des nations, mais il y a aura aussi ceux du monde entier, dans quatre ans et demi, lors du Mondial coorganisé avec l’Espagne et le Portugal. Une échéance qui a même valu à Gianni Infantino de recevoir en avril dernier une lettre de Brigitte Bardot, exhortant la FIFA de « disqualifier le Maroc comme hôte de la Coupe du monde de football, tant que l’arrêt des tueries n’est pas véritablement constaté et officialisé ».
La CAN qui cache le canicide
Les chiffres sont, évidemment, difficilement vérifiables, mais cette pratique barbare, qui semble malheureusement avoir toujours existé au Maroc, perdure bel et bien de nos jours avec, entre autres, des empoisonnements à la strychnine et des abattages. Nos confrères du magazine L’Équipe ont d’ailleurs rapporté, document(s) à l’appui, que plusieurs collectivités locales commandaient encore, il y a quelques mois, des cartouches destinées à fusiller des chiens errants. « Ça se produit la nuit, ça se produit le matin. Maintenant, ils ne se cachent même plus , témoigne Ikram . J’ai vu tout ça. À Dar Bouazza (commune de la banlieue de Casablanca, NDLR) et ailleurs. Je suis dans des groupes, on a des vidéos. Hier, avan
Par Jérémie Baron, avec Rayane Amarsy, au Maroc pour SOFOOT.com
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